Il est souvent question de quotient intellectuel (QI) ou de succès d’une personne dans sa vie, lorsque nous parlons d’intelligence d’un individu. Or, il existe des gens très brillants qui ne réussissent pas pour autant, notamment dans leurs relations. À l’inverse, certaines personnes avec un faible QI vivent une vie épanouissante. L’intellect n’est donc pas un paramètre suffisant pour déterminer à lui seul l’intelligence.

En effet, l’intelligence émotionnelle joue aussi un rôle fondamental dans le bonheur et la réussite d’une vie. Le quotient émotionnel (QE) a d’ailleurs complété le QI dans l’évaluation de l’intelligence d’une personne. Dès lors, comment améliorer son intelligence émotionnelle ? Je vous expose quatre aspects sur lesquels nous pouvons agir afin de développer notre QE.

améliorer son intelligence émotionnelle

« L’intelligence émotionnelle est l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres »

(Mayer & Salovey, 1997)

1. Améliorer son intelligence émotionnelle par la conscience émotionnelle

Nous sommes souvent victimes des effets de notre état affectif changeant, car nos émotions échappent à notre attention. Peur, colère ou tristesse, nous avons tendance à fuir ces ressentis plutôt que de les accueillir. Pourtant, que nous le voulions ou non, les émotions nous habitent. Elles sont présentes et se manifeste par le biais de nos actions, réactions et comportements.

les émotions

D’où l’importance d’une conscience émotionnelle. Même les émotions négatives sont bénéfiques. La tristesse par exemple est salvatrice et la colère peut nous mobiliser. Autant reconnaître ses émotions pour mieux contrôler ses réactions non ? En réalité, la conscience des émotions se décline en trois sous-composantes sur lesquelles nous pouvons opérer :

  1. connaissance de ses émotions : être à l’écoute de soi-même et reconnaître l’influence de ses émotions sur nos décisions.
  2. compréhension de ses émotions : c’est être en mesure de repérer ses habitudes comportementales et d’interpréter comment elles se manifestent. Quelles attitudes adoptez-vous généralement face à des situations émotionnelles fortes ?
  3. identification de son profil émotionnel : quelles sont les émotions (désagréables ou non) que vous ressentez fréquemment ? C’est être conscient de ses ressentis.

Il est donc indispensable d‘observer, d’identifier et même d’apprendre à nommer nos émotions afin de mieux les gérer. La maîtrise de soi passe ainsi par la capacité à verbaliser ses émotions. Ce lien avec l’état affectif fluctuant est la base pour comprendre comment nos émotions influencent nos gestes. Pour vous aider à développer votre intelligence émotionnelle, voici une liste de sentiments classés par catégorie d’émotions à télécharger :

2. Gérer ses émotions augmente son quotient émotionnel

Pour mieux contrôler ses émotions et par conséquent ne plus les « subir », il est indispensable de savoir les canaliser. Cela nous conduit à prendre des décisions constructives. D’ailleurs, lorsque le stress nous submerge, nous perdons notre capacité à réfléchir efficacement.

La gestion émotionnelle de soi se compose de trois composantes :

  1. Prendre des décisions en pleine conscience : avoir conscience de nos émotions nous permet d’exploiter nos ressentis et nos pensées avec plus de clairvoyance. Cela aide à évaluer les conséquences avec pertinence.
  2. Assumer ses responsabilités : une fois la décision prise, nous restons responsables des conséquences de nos choix. Inutile de prendre la fuite. Au contraire, il est préférable de les assumer complètement.
  3. Réguler ses émotions : il s’agit ici de savoir prendre du recul et lâcher-prise face à des émotions fortes. La gestion des émotions passe ainsi par la canalisation du stress pour s’adapter aux imprévus de la vie.

Améliorer son intelligence émotionnelle aide à gérer ses émotions de manière saine. Cela a des conséquences positives dans notre vie :

  • maîtrise des réactions impulsives ;
  • contrôle des comportements compulsifs ;
  • prise d’initiatives ;
  • engagement avec confiance ;
  • amélioration de son adaptabilité.

3. Avoir une conscience sociale développe le quotient affectif

conscience sociale

La conscience sociale ou de société se définit comme la connaissance qu’une personne a de l’état des autres membres de sa communauté. La conscience sociale est alors inséparable de la conscience de soi puisqu’il est dans le comportement de l’humain de se référer aux autres. Donc lorsqu’on parle de conscience individuelle ou générale, il s’agit de la conscience éveillée dans son ensemble que nous accentuons le caractère de l’un ou l’autre à un moment donné.

Développer sa conscience sociale ou son intelligence relationnelle c’est donc renforcer l’aspect « collectif » de sa conscience. Concrètement, il s’agit d’être connecté avec les autres. Dans ce cas, vous pouvez alors identifier les émotions, les préoccupations de vos semblables et cerner leurs besoins. Capter leurs signaux émotionnels vous permet alors de vous sentir plus à l’aise socialement et de comprendre la dynamique du pouvoir que représente un groupe.

4. Développer l’empathie pour améliorer son intelligence émotionnelle

Comme nous venons de le voir, les relations humaines comptent beaucoup dans l’amélioration de notre intelligence émotionnelle. Afin de bien gérer nos émotions dans nos relations, il est important que nous trouvions la bonne distance émotionnelle avec chacune des personnes que nous fréquentons. Il s’agit de trouver l’empathie suffisante pour pouvoir nous intéresser à l’autre avec bienveillance et sans jugement.

En d’autres termes, cette empathie doit être « juste ». C’est-à-dire ni pas assez ni trop, au risque de complètement nous désintéresser de l’autre. Ou au contraire, de s’approprier les émotions de l’autre et par conséquent parfois endurer nos débordements émotionnels. C’est une forme d’intelligence.

La « bonne » empathie comporte cinq attributs à développer :

  1. S’intéresser à l’autre : garder un esprit ouvert pour s’intéresser réellement aux récits et à la vie de notre entourage. Cette attitude favorise des relations durables.
  2. Se mettre à la place d’autrui : s’intéresser à son état émotionnel en l’imaginant à travers son point de vue et son vécu. Cela aide à mieux comprendre la personne.
  3. Développer une écoute active et bienveillante : apprendre à écouter l’autre sans jugement et en accueillant les émotions positives et/ou négatives que ses paroles engendrent.
  4. Distinguer ses émotions de celles de l’autre : comprendre les émotions de l’autre sans pour autant les ressentir soi-même, surtout lorsqu’elles sont nuisibles.
  5. Accepter l’autre tel qu’il est : reconnaître que l’autre est une personne à part entière et que ses émotions peuvent ne pas correspondre aux nôtres, face à des situations identiques.

Il est parfaitement possible d’améliorer son intelligence émotionnelle par la pratique régulière de comportements émotionnels intelligents. Entraîné, le cerveau les intègre alors comme des habitudes qui améliorent indéniablement notre niveau d’intelligence. Nous avons tout à gagner à augmenter notre QE, car notre communication émotionnelle nous reconnecte à notre essence et améliore nos relations sociales. Or, être aligné avec soi-même et cultiver des relations de qualité mènent à une vie heureuse. Quel est votre quotient émotionnel ? Faites le test en ligne.

Sources :
Charles H. Cooley, La Conscience sociale (traduction par Baptiste Brossard),  Sociologie, N°2, vol. 7 |  2016,

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